Mohammad Saleem et la refonte Entrée express 2026 : ce que la diaspora pakistanaise doit savoir

Famille canadienne d'origine pakistanaise consultant des documents d'immigration IRCC à la table de cuisine en banlieue de Mississauga
Julie Julie CôtéJuridique
5 min de lecture 7 juin 2026

Le nom de Mohammad Saleem — haut-commissaire du Pakistan au Canada depuis janvier 2025 — refait surface dans les recherches Google canadiennes en ce début juin 2026, alors que les liens diplomatiques et migratoires entre Ottawa et Islamabad traversent une phase critique. Le diaspora pakistanaise au Canada, forte de plus de 303 000 résidents selon les dernières statistiques, observe avec attention la refonte du système Entrée express annoncée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) en avril 2026.

Pour les familles concernées — qu'il s'agisse de regroupements familiaux, de candidatures Entrée express ou de permis d'études — la combinaison de ces changements peut transformer en quelques mois un dossier solide en candidature inadmissible. Consulter un avocat en immigration devient une précaution incontournable avant tout dépôt.

Pourquoi Mohammad Saleem retient l'attention en juin 2026

Le haut-commissaire Saleem multiplie depuis le début de l'année les rencontres officielles avec des élus canadiens, dont l'entrevue accordée à Robert Oliphant, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, en janvier 2026. Lors de cette rencontre, le diplomate a souligné « les domaines prometteurs pour renforcer les liens Pakistan-Canada », mentionnant les échanges commerciaux et les initiatives de connectivité.

Dans le même temps, les tensions persistantes entre l'Inde et le Pakistan compliquent la situation des doubles nationalités et des familles transfrontalières installées au Canada. Le gouvernement canadien a maintenu un avis aux voyageurs élevé pour le Pakistan, ce qui influence directement les démarches de renouvellement de passeport, de regroupement familial et même de réinstallation.

La refonte Entrée express d'avril 2026

En avril 2026, IRCC a annoncé la plus importante restructuration du système Entrée express depuis sa création en 2015. Les programmes Travailleurs qualifiés (fédéral), Catégorie de l'expérience canadienne et Travailleurs de métiers spécialisés fusionneront en un seul programme : la Catégorie fédérale des hautement qualifiés.

Pour les candidats pakistanais, trois conséquences se dessinent :

1. Une recalibration des points CRS. La grille du Système de classement global est en cours de révision. Les profils combinant études canadiennes et expérience professionnelle conserveront un avantage, mais les diplômés étrangers sans expérience locale risquent de voir leur seuil de tirage s'éloigner.

2. Une cible globale en baisse mais une part économique élargie. Le plan des niveaux d'immigration 2026-2028 fixe à 380 000 le nombre de résidents permanents pour 2026, soit une diminution par rapport aux années précédentes — mais avec une proportion accrue de candidats économiques. Cela favorise les profils en TI, ingénierie et santé, fortement présents dans la communauté pakistanaise au Canada.

3. Une pression accrue sur les délais. Les dossiers déposés sous l'ancienne structure et non finalisés avant la transition risquent de basculer dans un régime hybride. Un avocat en immigration peut anticiper si un dépôt anticipé ou un report stratégique sert mieux votre dossier.

Le détail officiel du nouveau cadre figure dans la consultation 2026 sur les réformes d'Entrée express publiée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Regroupement familial : un défi spécifique pour la communauté pakistanaise

Le programme de parrainage des parents et grands-parents (PGP) reste l'une des voies les plus convoitées par la diaspora pakistanaise. Les délais de traitement, oscillant entre 24 et 36 mois selon les bureaux des visas, exposent les familles à des risques :

  • expiration de l'examen médical avant la décision finale;
  • perte d'éligibilité du parrain en cas de changement de statut financier;
  • refus pour insuffisance du seuil de revenu minimal nécessaire (RMN).

Un avocat en droit de l'immigration peut bâtir une stratégie pluriannuelle — par exemple combiner un visa de super visa (séjour temporaire prolongé) en attendant la décision PGP, ou anticiper les déclarations fiscales nécessaires pour démontrer un revenu stable sur trois années consécutives.

Étudiants pakistanais : les pièges du nouveau plafond de permis d'études

En 2026, le plafond national des permis d'études impose une réduction visible des autorisations délivrées. Les candidats pakistanais doivent désormais :

  • obtenir une attestation provinciale de l'établissement (PAL/TAL);
  • démontrer une capacité financière relevée — supérieure à 20 600 $ pour une année (hors frais de scolarité);
  • justifier un retour anticipé au pays d'origine à la fin du programme, faute de quoi le permis postdiplôme peut être refusé.

Les erreurs documentaires se règlent rarement à l'amiable. Un dossier rejeté implique souvent une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale — une procédure longue, coûteuse et qui nécessite l'intervention d'un avocat membre du barreau provincial.

Les implications pour les détenteurs de double nationalité

Les Canadiens d'origine pakistanaise voyageant régulièrement au pays sont confrontés à des risques distincts. La détention administrative, les contrôles aléatoires et la confiscation temporaire des passeports canadiens sont documentés dans plusieurs cas récents.

Avant un déplacement, trois précautions juridiques sont à clarifier avec un avocat spécialisé :

  1. L'inscription au service ROCA (Registration of Canadians Abroad) auprès d'Affaires mondiales Canada, qui facilite l'assistance consulaire en cas de problème.
  2. La désignation d'un mandataire au Canada par procuration notariée, pour gérer comptes bancaires, biens immobiliers ou contrats en cas d'incapacité de retour.
  3. La vérification du statut fiscal : un séjour prolongé au Pakistan peut affecter la résidence fiscale canadienne et déclencher des obligations déclaratives bilatérales.

Quatre actions concrètes pour les familles concernées

Face à l'évolution rapide du cadre migratoire et diplomatique, les familles pakistanaises au Canada peuvent dès maintenant :

  1. Auditer leur dossier d'immigration avec un avocat agréé pour identifier les zones de vulnérabilité avant la transition Entrée express.
  2. Conserver une trace écrite de toutes les communications avec IRCC et le haut-commissariat (courriels, lettres officielles, accusés de réception).
  3. Anticiper les renouvellements de passeport au moins 12 mois avant l'expiration, vu les délais accrus en 2026.
  4. Vérifier l'éligibilité aux programmes provinciaux (PCP), parfois plus accessibles que le canal fédéral pour certains profils.

En résumé

L'activité diplomatique soutenue du haut-commissaire Mohammad Saleem rappelle que la relation bilatérale Canada-Pakistan évolue dans un contexte tendu. Pour la diaspora, cela signifie une vigilance accrue sur les démarches migratoires, les renouvellements documentaires et les voyages au pays d'origine. L'accompagnement par un avocat en immigration n'est plus un luxe : c'est une assurance contre une décision administrative imprévisible.

Cet article fournit des informations générales sur le droit de l'immigration au Canada. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé. Pour toute démarche, consultez un avocat membre du Barreau de votre province.

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