Martin Ødegaard de retour au Mondial 2026 : que nous apprend sa rééducation du ligament du genou ?

Martin Ødegaard portant le brassard de capitaine de la Norvège lors du Mondial 2026

Photo : Bryan Berlin / Wikimedia

5 min de lecture 30 juin 2026

Martin Ødegaard a failli ne jamais disputer la Coupe du monde 2026. Le capitaine d'Arsenal et de la Norvège, 27 ans, a subi une déchirure du ligament collatéral médial du genou gauche en cours de saison 2025-2026, le tenant écarté des terrains pendant plus de six semaines avec son club londonien. Le 30 juin 2026, au AT&T Stadium de Dallas, il a guidé les Vikings vers les huitièmes de finale en dominant la Côte d'Ivoire 2-1 — avec deux passes décisives à son actif depuis le début du tournoi. Sa remontée spectaculaire pose une question que des milliers de Canadiens se posent après une entorse ou une déchirure ligamentaire : comment revenir à pleine capacité, et quand faut-il consulter un spécialiste de la santé ?

Une saison sous le signe des blessures

L'histoire aurait pu mal se terminer. En automne 2025, Ødegaard quitte prématurément un match de Premier League après une collision avec un adversaire, entraînant une déchirure partielle du ligament collatéral médial du genou gauche. Arsenal confirme la blessure et évoque une absence d'environ six semaines. Mais la récupération prend finalement bien plus de temps que prévu : le milieu de terrain ne rejouera pas en championnat avant la fin du mois de février 2026.

À peine de retour, une nouvelle alerte survient. Le sélectionneur norvégien Ståle Solbakken reconnaît publiquement que l'état de son capitaine inspire encore « des inquiétudes ». Et pourtant, à l'issue d'une rééducation minutieuse encadrée par le staff médical d'Arsenal, Ødegaard fait son retour compétitif fin avril 2026, délivrant même une passe décisive lors d'un succès crucial des Gunners. Il intègre ensuite le groupe norvégien pour la Coupe du monde, et le reste appartient désormais à l'histoire.

Il est devenu, selon les données FIFA, le troisième joueur seulement à délivrer une passe décisive lors de chacun de ses trois premiers matchs en phase finale de Coupe du monde — rejoignant Igor Belanov et Michael Ballack dans ce cercle très restreint.

Une entorse ligamentaire : ni anodine ni forcément grave

Le ligament collatéral médial (LCM) est l'un des quatre grands ligaments du genou. Situé à l'intérieur de l'articulation, il résiste aux contraintes latérales : pivots, chocs obliques, changements de direction brusques. Quand il est touché, on distingue trois degrés de sévérité :

  • Grade 1 : étirement sans déchirure. Douleur modérée, récupération en une à trois semaines.
  • Grade 2 : déchirure partielle. Douleur franche, légère instabilité, quatre à six semaines d'absence.
  • Grade 3 : rupture complète. Parfois chirurgie, trois à six mois de rééducation intensive.

Ødegaard a vraisemblablement souffert d'une lésion de grade 2 à 3, ce qui explique la longueur de sa convalescence. Une telle blessure ne touche pas que les footballeurs professionnels : elle survient chez des randonneurs, des skieurs, des joueurs de soccer amateurs, ou tout simplement chez des personnes ayant fait un faux pas dans un escalier.

D'autres joueurs au Mondial 2026 ont connu des trajectoires similaires. Les blessures ligamentaires du genou ont ainsi été un sujet récurrent dans cette compétition, comme en témoigne la situation survenue lors du match Écosse-Maroc, où une déchirure du ligament a alimenté le débat sur la gestion médicale des joueurs.

Les étapes d'une rééducation complète

La récupération d'une blessure ligamentaire suit un protocole précis que les kinésithérapeutes sportifs ont codifié au fil des décennies.

Phase aiguë (J0 à J7) : Repos relatif, glace, compression et élévation — la méthode RICE. L'objectif est de limiter l'œdème et la douleur. Des anti-inflammatoires peuvent être prescrits par un médecin.

Phase de récupération fonctionnelle (J7 à J21) : Le travail commence progressivement. Exercices de mobilité, renforcement des muscles péri-articulaires (quadriceps, ischio-jambiers, mollets). L'accent est mis sur la proprioception, cette capacité du genou à se « situer » dans l'espace, fondamentale pour prévenir les rechutes.

Phase de reprise sportive (J21 à J42 et au-delà) : Les exercices deviennent spécifiques au geste sportif. Courses légères, changements de direction contrôlés, sprints progressifs. Ødegaard a bénéficié du meilleur encadrement médical possible — staff de physiothérapeutes, médecins du sport, technologies de suivi de charge en temps réel.

Retour à la compétition : Il ne doit intervenir qu'à partir du moment où la force musculaire est rétablie à au moins 90 % par rapport au membre sain, où la douleur a complètement disparu et où la stabilité articulaire est confirmée par des tests fonctionnels standardisés. C'est précisément ce critère que les sportifs amateurs ont tendance à négliger — avec des conséquences parfois graves sur le long terme.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Selon l'Association canadienne de physiothérapie, toute douleur au genou accompagnée d'une instabilité, d'un gonflement persistant au-delà de 48 heures, ou d'une incapacité à porter le poids du corps mérite une évaluation professionnelle. Certains signes doivent alerter sans délai :

  • Un craquement audible au moment du traumatisme
  • Un genou qui « cède » lors de la marche ou de la montée des escaliers
  • Un gonflement rapide, apparaissant dans les deux heures suivant le choc
  • Une douleur nocturne persistante, même en l'absence d'appui

Un physiothérapeute ou un médecin spécialisé en médecine sportive posera un diagnostic à l'aide d'un examen clinique et, si nécessaire, d'une IRM. Un traitement précoce et bien conduit évite la majorité des séquelles à long terme — et raccourcit considérablement la durée d'absence.

Tajon Buchanan, l'ailier canadien, a lui aussi prouvé qu'une blessure grave ne signifie pas forcément une Coupe du monde perdue, à condition de bénéficier d'un encadrement médical rigoureux et d'une rééducation complète. La comparaison avec Ødegaard illustre un principe universel : l'expertise médicale, pas la volonté seule, fait la différence entre un retour sécurisé et une rechute invalidante.

Après la Coupe du monde, la vigilance reste de mise

Le risque de récidive après une blessure ligamentaire du genou demeure élevé pendant les douze à dix-huit mois suivant la guérison. Les tissus cicatriciels n'ont pas exactement les mêmes propriétés mécaniques que le ligament d'origine, et la fatigue accumulée lors d'une compétition aussi intense que la Coupe du monde accentue encore la vulnérabilité articulaire.

Pour les sportifs amateurs, la morale est claire : ne pas vouloir jouer les héros à tout prix. Ødegaard a disposé de semaines de rééducation supervisée, de moyens technologiques considérables et d'une équipe médicale disponible en permanence. Le sportif du dimanche, lui, n'a souvent que son impatience pour conseiller.

Si vous avez subi une entorse du genou et hésitez à reprendre une activité sportive, un expert en santé peut évaluer votre stabilité articulaire, vous prescrire un programme de renforcement adapté et, surtout, vous dire quand vous êtes réellement prêt à retourner sur le terrain — sans risquer votre intégrité physique pour les prochaines années.

Avertissement : Cet article est de nature informative et ne remplace pas un avis médical. Toute blessure articulaire doit être évaluée par un professionnel de santé qualifié.

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