Le monde du golf professionnel est en état de choc. Fin avril 2026, le Fonds d'investissement public saoudien (PIF) a confirmé qu'il cessait de financer la LIV Golf League à l'issue de la saison 2026. Après plus de 5 milliards de dollars injectés depuis le lancement du circuit en 2022, et des pertes estimées à 500 à 600 millions de dollars par an selon le Wall Street Journal, Riyad coupe les vivres. Pour des dizaines de joueurs professionnels — dont plusieurs Canadiens qui comptent sur cette plateforme — la question est immédiate : que vaut encore leur contrat?
5 milliards de dollars plus tard : l'annonce qui change tout
La PIF a informé la direction de LIV Golf de sa décision le 29 avril 2026. Dans un communiqué, le fonds saoudien justifie son retrait par une réorientation stratégique : « L'investissement substantiel requis par LIV Golf sur le long terme n'est plus cohérent avec la phase actuelle de notre stratégie d'investissement. »
Le PDG de LIV Golf, Scott O'Neil, a tenté de rassurer joueurs et personnel : le circuit est « entièrement financé pour le reste de la saison 2026 ». La ligue a par ailleurs recruté Ducera Partners comme banquier d'affaires pour trouver de nouveaux investisseurs, et a constitué un nouveau conseil d'administration indépendant. Mais dans le monde des contrats sportifs, les bonnes intentions ne remplacent pas les garanties contractuelles.
Deux exemples révélateurs : DeChambeau et Rahm
Les cas de Bryson DeChambeau et Jon Rahm illustrent parfaitement l'enjeu. DeChambeau — l'une des plus grandes stars du circuit — voit son contrat avec LIV arriver à terme à la fin de la saison 2026. Si aucun accord ne se concrétise avec de nouveaux investisseurs d'ici là, il se retrouvera libre de tout engagement… mais sans garanties sur les revenus futurs promis.
Rahm, lui, est engagé jusqu'en 2027. Sa situation est plus complexe : si LIV Golf cessait ses activités faute de financement, les clauses de force majeure dans son contrat détermineront si l'organisation lui doit ou non des indemnisations. Selon les modalités négociées, il pourrait être en droit de réclamer le solde des paiements restants.
C'est précisément ce type de situations que les avocats spécialisés en droit sportif sont formés pour analyser. Selon les dispositions du Code canadien du travail, tout employé — y compris un athlète professionnel engagé au Canada — bénéficie de protections en cas de rupture anticipée de contrat sans juste cause.
Ce que les joueurs doivent vérifier dans leur contrat
Un avocat spécialisé en droit sportif examinera en priorité quatre éléments clés dans un contrat de ce type :
Les clauses de force majeure. Si la ligue invoque la fermeture comme un événement imprévisible et hors de son contrôle, les joueurs pourraient voir leurs droits à indemnisation réduits. Ces clauses doivent être interprétées strictement, et leur portée varie selon le droit applicable au contrat.
La juridiction applicable. Les contrats LIV Golf sont soumis au droit américain ou saoudien dans la plupart des cas. Mais pour des athlètes ayant leur résidence fiscale au Canada — comme Brooks Koepka, dont le retour au Masters illustre la complexité des transitions entre circuits — des dispositions du droit canadien peuvent s'appliquer en parallèle.
Les obligations de moyen vs de résultat. LIV Golf doit-il simplement « tenter » de maintenir ses opérations, ou s'engage-t-il à garantir un certain niveau de revenus? Cette distinction détermine la solidité d'une éventuelle réclamation.
Les clauses de retraite et de reconversion. Certains contrats prévoient des dispositions spéciales si un joueur se retrouve sans circuit actif — notamment des accords de transition vers d'autres championnats.
Le retour au PGA Tour : une porte étroite
Plusieurs membres de LIV ont déjà contacté le PGA Tour pour explorer un retour, selon Golf Digest. Mais les conditions s'annoncent plus restrictives que lors des précédentes discussions. Les exemptions de tournois, les droits de monde et les priorités d'inscriptions devront être renégociés individuellement.
Pour les joueurs qui souhaitent maximiser leurs options, avoir un avocat compétent en droit contractuel sportif est essentiel. Cela inclut non seulement la négociation d'éventuels arrangements avec le PGA Tour, mais aussi la gestion des litiges potentiels avec LIV Golf si la ligue ne respecte pas ses engagements financiers.
Ce que la situation LIV Golf enseigne sur les contrats sportifs
La débâcle LIV Golf est un cas d'école sur les risques liés aux contrats dans des ligues ou organisations nouvellement créées, portées par un seul investisseur dominant. Les joueurs qui ont signé au lancement — attirés par des contrats faramineux de 50 à 200 millions de dollars sur plusieurs années — ont parfois négligé de faire examiner les clauses de résiliation et de garantie financière.
Pour les athlètes professionnels canadiens, qu'ils évoluent dans le golf, le tennis ou tout autre sport, la règle d'or reste la même : tout contrat engageant des montants significatifs sur plusieurs années doit être examiné par un avocat spécialisé avant signature. ExpertZoom met en relation des avocats qualifiés avec des athlètes et des particuliers qui ont besoin de comprendre leurs droits contractuels.
Cet article est à vocation informative. Pour toute question juridique relative à votre situation personnelle, consultez un avocat qualifié.
