Fady Dagher alerte sur les 12 ans dans les gangs : droits et recours pour les parents
Le directeur du SPVM Fady Dagher a tiré la sonnette d'alarme en février 2026 : des adolescents âgés de seulement 12, 13 et 14 ans sont désormais recrutés dans des gangs criminels montréalais. « On n'est plus du tout dans cette catégorie de jeunes de 17-19 ans. On parle de jeunes de 12, 13, 14 ans », a déclaré Dagher à La Presse. Certains d'entre eux jouent même le rôle d'intermédiaires ou de « parrains » de petits crimes. Face à cette réalité, que peuvent faire les parents sur le plan juridique ?
Ce que révèle l'alerte du chef du SPVM
Sous la direction de Fady Dagher, nommé à la tête du SPVM en janvier 2023, le service de police s'est fixé comme priorité pour 2026 le recrutement de jeunes par les gangs de rue. Ce phénomène n'est pas nouveau, mais le rajeunissement inquiétant des recrues marque une rupture.
Le SPVM observe que des jeunes de 12 ans font office de guetteurs ou de passeurs pour des réseaux criminels établis. Ces enfants, souvent vulnérables socialement ou économiquement, sont exposés très tôt à la violence et au système judiciaire. Un mineur de 12 ans ne peut normalement pas être poursuivi en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), qui fixe l'âge de la responsabilité criminelle à 12 ans révolus au Canada.
Ce que dit la loi canadienne sur les jeunes contrevenants
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) s'applique aux personnes âgées de 12 à 17 ans au moment de l'infraction. Elle prévoit un système distinct du droit pénal adulte, orienté davantage vers la réhabilitation que la punition.
Points clés pour les parents :
- Un adolescent de 12 à 17 ans peut être arrêté, inculpé et jugé selon cette loi
- Les peines encourues sont différentes de celles prévues pour les adultes, mais peuvent inclure l'incarcération dans un centre de garde
- Pour les crimes très graves (meurtre, agression sexuelle grave), le tribunal peut ordonner une peine adulte
- Les dossiers de jeunes contrevenants sont confidentiels, mais peuvent être partiellement accessibles dans certaines conditions
- Un adolescent a le droit à un avocat dès l'arrestation — si les parents ne peuvent pas en assumer le coût, l'aide juridique est disponible
Que faire si vous suspectez que votre enfant est recruté par un gang ?
Le SPVM encourage activement les parents et les commerçants à collaborer avec la police. Fady Dagher l'a rappelé publiquement : « On peut sauver des vies. »
Étape 1 : Signalez vos inquiétudes Vous pouvez contacter le SPVM directement ou utiliser la ligne Info-crime (1-800-711-1800) pour signaler anonymement tout comportement suspect. Si votre enfant est en danger immédiat, appelez le 911.
Étape 2 : Consultez un avocat spécialisé en droit de la jeunesse Dès les premiers signes d'implication criminelle — possession d'objets suspects, absences inexpliquées, argent non justifié — un avocat spécialisé en droit de la jeunesse peut vous conseiller sur vos obligations parentales et les protections disponibles. Vous n'avez pas à attendre qu'une arrestation ait lieu.
Étape 3 : Contactez les services de protection de la jeunesse La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient quand la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis. Si un gang fait pression sur votre enfant ou le menace, cela relève de leur mandat.
Étape 4 : Explorez les ressources communautaires Le SPVM travaille en partenariat avec des organismes communautaires de prévention. Un avocat peut vous orienter vers les ressources adaptées à la situation de votre jeune.
Les risques juridiques pour les parents
Peu de parents le savent : dans certains cas, leur responsabilité civile — voire pénale — peut être engagée si leur enfant mineur commet des infractions dans des circonstances liées à une négligence parentale grave.
Le Code civil du Québec (article 1459) prévoit que les parents peuvent être tenus responsables du préjudice causé par leur enfant mineur s'ils n'ont pas exercé une surveillance raisonnable. Si votre enfant est associé à des activités criminelles et que vous étiez au courant sans agir, vous pourriez être exposé à des poursuites civiles de la part de victimes.
De plus, si des biens de votre ménage ont été utilisés pour des activités criminelles — un véhicule, un appartement — ils peuvent faire l'objet d'une saisie en vertu de la législation sur le produit de la criminalité.
Lajpa : un système distinct, mais des enjeux réels
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents vise certes la réhabilitation, mais ses conséquences restent lourdes pour un jeune. Un dossier judiciaire, même scellé à 18 ans, peut affecter l'accès à certaines professions ou des permis dans certains pays.
Vous pouvez consulter le texte complet de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents sur le site de Justice Canada pour comprendre les droits et le cadre légal applicables.
Pour tout ce qui concerne la probation, les conditions de libération et le droit pénal qui s'appliquent aux adolescents en lien avec les gangs, consultez un avocat criminaliste spécialisé sur ExpertZoom, qui détaille également comment fonctionne le système de conditions post-jugement au Canada.
Agir avant qu'il ne soit trop tard
L'alerte de Fady Dagher est claire : les gangs ciblent désormais des enfants bien avant l'adolescence. Le cadre juridique canadien offre des protections, mais elles impliquent une action rapide des parents, des éducateurs et des intervenants communautaires.
Si vous êtes dans une situation de doute concernant l'implication de votre enfant dans un réseau criminel, une consultation avec un avocat spécialisé en droit de la jeunesse est la première démarche à entreprendre. Elle est confidentielle, non accusatoire et peut vous donner les outils nécessaires pour agir efficacement — et légalement.
Les informations contenues dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas un avis juridique professionnel. Pour toute situation spécifique, consultez un avocat qualifié.

Amélie Roy