Deux donneurs de plasma sont décédés après s'être rendus au centre de collecte Grifols de Winnipeg, au Manitoba. En avril 2026, Santé Canada a conclu que les décès n'étaient pas directement liés au processus de don, mais l'incident a relancé le débat sur les risques méconnus du don de plasma — et sur ce que tout candidat au don doit savoir avant de se présenter.
Ce qui s'est passé à Winnipeg
Le centre Grifols de Winnipeg, qui verse une rémunération aux donneurs de plasma, a fait l'objet d'une enquête de Santé Canada à la suite du décès de deux donneurs en 2026. L'Agence fédérale a publié ses conclusions en avril 2026 : les décès ne sont pas attribuables au processus de don de plasma en tant que tel, selon la CBC, qui a couvert l'affaire en détail.
Malgré ce verdict rassurant, des questions persistent sur les conditions médicales préexistantes qui peuvent rendre le don risqué, sur les modalités de dépistage des donneurs, et sur la différence entre don de sang, don de plaquettes et don de plasma. Pour beaucoup de Canadiens, cette distinction n'est pas claire — et peut avoir des conséquences importantes sur leur état de santé.
Don de plasma : ce que c'est et pourquoi ça diffère du don de sang
Le don de plasma est une procédure distincte du don de sang classique. Lors d'une aphérèse (le procédé utilisé pour le plasma), le sang est prélevé, le plasma en est séparé, et les globules rouges sont réinjectés dans le bras du donneur. La séance dure environ 90 minutes, contre 10 à 15 minutes pour un don de sang.
Cette durée plus longue, combinée à la fréquence potentiellement élevée (certains centres acceptent des dons jusqu'à deux fois par semaine), impose des exigences physiologiques particulières. Le plasma représente environ 55 % du volume sanguin et contient des protéines essentielles — immunoglobulines, albumine, facteurs de coagulation — qui ne se reconstituent pas aussi vite que les globules rouges.
Selon Santé Canada — Médicaments et produits de santé, les centres de collecte sont soumis à une réglementation stricte, mais les conditions de santé individuelles des donneurs varient considérablement.
Qui ne devrait pas donner de plasma ?
Plusieurs conditions médicales contre-indiquent le don de plasma. Parmi les plus courantes :
- Les maladies cardiaques ou vasculaires : l'aphérèse impose un travail supplémentaire au système cardiovasculaire
- Une pression artérielle instable : une hypotension peut survenir pendant ou après la procédure
- Une carence en protéines ou un état de dénutrition : le plasma prélevé est riche en protéines et ne doit pas aggraver un déficit existant
- Certains médicaments : anticoagulants, immunosuppresseurs et certains traitements chroniques peuvent interférer avec la procédure
- Un état de fatigue intense, une maladie récente ou une infection active : le système immunitaire sollicité ne tolère pas toujours le prélèvement
Le questionnaire médical proposé aux centres ne remplace pas un avis médical personnalisé. Si vous souffrez d'une condition chronique, consultez votre médecin avant de vous présenter comme donneur.
Les symptômes à surveiller pendant et après le don
Même pour les donneurs en bonne santé, certaines réactions peuvent survenir :
- Picotements ou engourdissements autour de la bouche ou dans les doigts : signe d'une hypocalcémie transitoire, due au citrate utilisé comme anticoagulant pendant l'aphérèse
- Vertiges ou malaise : une réaction vasovagale (chute de pression) peut survenir
- Fatigue inhabituellement prolongée : normale les premières heures, inquiétante si elle persiste plus de 24 à 48 heures
Ces symptômes disparaissent généralement rapidement. Mais si vous ressentez des douleurs thoraciques, un essoufflement ou un malaise intense dans les heures suivant le don, consultez un professionnel de santé sans attendre.
Don de plasma rémunéré : un marché en expansion au Canada
Contrairement à la France ou à la Belgique, qui ont maintenu le principe du don bénévole, le Canada autorise les centres de collecte de plasma à rémunérer les donneurs. Grifols, une multinationale spécialisée dans les produits dérivés du sang, exploite plusieurs centres canadiens.
Le débat sur la rémunération est éthique autant que médical. Des études publiées dans des revues spécialisées indiquent que la rémunération attire parfois des donneurs dont l'état de santé est plus précaire que la moyenne — des individus qui peuvent minimiser leurs antécédents médicaux pour accéder à la compensation financière. C'est une réalité que Santé Canada surveille de près.
Quand consulter un médecin avant de donner ?
La règle est simple : si vous avez un doute, consultez. Un médecin généraliste peut évaluer votre tension artérielle, votre taux de protéines, votre dossier de santé global et vous dire si vous êtes un candidat approprié — ou vous orienter vers des alternatives.
Cette consultation est particulièrement recommandée si :
- Vous n'avez jamais donné de plasma auparavant
- Vous prenez des médicaments de manière régulière
- Vous avez subi une intervention chirurgicale ou une maladie grave dans l'année précédente
- Vous êtes enceinte ou avez accouché il y a moins de six mois
- Vous êtes âgé de plus de 60 ans
Un professionnel de santé peut aussi vous expliquer les différences entre les types de dons (sang total, plaquettes, plasma) et vous aider à choisir celui qui correspond le mieux à votre profil médical.
Avertissement : cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant de procéder à un don de plasma.
Si vous avez des questions sur votre état de santé avant un don, ou si vous souhaitez un avis médical préalable, ExpertZoom vous met en relation avec des médecins qualifiés disponibles pour un accompagnement rapide et personnalisé.
