Artemis II : Jeremy Hansen de retour sur Terre après avoir battu le record de distance lunaire
Le 10 avril 2026, l'astronaute canadien Jeremy Hansen et ses trois coéquipiers de la NASA ont amerri au large de San Diego après 10 jours dans l'espace, couronnant la mission Artemis II — le premier voyage habité autour de la Lune depuis 1972. Hansen devient ainsi le premier Canadien à avoir orbité en dehors de l'orbite terrestre basse, et le Canada, la deuxième nation à envoyer un astronaute en orbite lunaire.
Mais au-delà de l'exploit historique, cette mission a aussi été un laboratoire médical grandeur nature. Les quatre astronautes ont participé à des expériences mesurant les effets de l'espace sur leurs os, leurs muscles et leur système immunitaire — des données qui concernent bien plus que les quelques centaines d'humains à avoir quitté la Terre.
Ce que l'espace fait au corps humain en 10 jours
En microgravité, le corps ne lutte plus contre la pesanteur. Les muscles, inutiles pour se tenir debout, s'atrophient. Les os, qui n'ont plus à supporter le poids du corps, perdent leur densité. Selon les données publiées par la NASA, un astronaute peut perdre 1 % de densité osseuse par mois dans les zones portantes comme les hanches et le fémur — sans contre-mesures.
La perte musculaire est encore plus rapide : jusqu'à 20 % de la masse musculaire squelettique en un mois d'apesanteur, et jusqu'à 30 % de la force musculaire. Le retour à la normale prend en général de trois à quatre ans de rééducation progressive.
Pour limiter ces effets, l'équipage d'Artemis II utilisait à bord du vaisseau Orion un appareil de résistance à volant d'inertie — capable de supporter plus de 180 kg — permettant squats, soulevés de terre et exercices cardiovasculaires. Chaque astronaute s'entraînait environ deux heures par jour.
L'étude AVATAR, menée en parallèle, reproduisait les effets de la microgravité sur des cellules de moelle osseuse prélevées aux astronautes pour simuler les réponses immunitaires et les dommages causés par les radiations.
Pourquoi ces découvertes vous concernent, vous aussi
Ces chiffres ne sont pas réservés aux astronautes. Le vieillissement, la sédentarité prolongée, une immobilisation après une blessure ou une hospitalisation produisent des effets très similaires sur les os et les muscles.
L'ostéoporose touche aujourd'hui plus de 2 millions de Canadiens, selon Ostéoporose Canada. Après 50 ans, une femme sur trois et un homme sur cinq subiront une fracture ostéoporotique au cours de leur vie. Ces fractures — hanche, vertèbre, poignet — peuvent entraîner une perte d'autonomie durable.
Selon Ostéoporose Canada, de nombreux patients ignorent leur perte de densité osseuse jusqu'à la première fracture, car la maladie est silencieuse. La prévention passe par l'exercice de résistance, l'apport en calcium et vitamine D, et un bilan osseux régulier — exactement les mêmes principes que ceux appliqués à bord d'Artemis II.
Les signaux à surveiller
Plusieurs situations méritent une consultation médicale rapide :
- Douleurs dorsales inexpliquées persistant plus de deux semaines, surtout après 50 ans
- Perte de taille de plus de 4 cm depuis l'âge adulte (signe possible de tassement vertébral)
- Fracture survenue après un choc mineur (chute de sa hauteur ou moins)
- Fatigue musculaire inhabituelle lors d'efforts que vous réalisiez facilement auparavant
- Sédentarité forcée prolongée — après une hospitalisation, une convalescence ou un travail de bureau intensif
Un médecin peut prescrire une ostéodensitométrie (DXA), l'examen de référence pour mesurer la densité osseuse. Au Québec, cet examen est couvert par la RAMQ dans les cas ciblés.
L'exercice de résistance, première ligne de défense
La recherche spatiale confirme ce que les médecins sportifs recommandent depuis des décennies : l'exercice de résistance est le meilleur outil pour préserver les os et les muscles, à tout âge.
Le Dr Jeremy Hansen, lors d'une communication depuis l'Orion le 2 avril 2026 vers le quartier général de l'Agence spatiale canadienne à Longueuil, a évoqué l'importance des routines d'exercice quotidiennes pour rester opérationnel en orbite. Ce qu'il décrivait s'applique tout autant à un Canadien de 60 ans cherchant à prévenir une fracture de la hanche.
Les recommandations canadiennes en activité physique suggèrent deux séances de renforcement musculaire par semaine pour les adultes de plus de 18 ans. Pour les personnes à risque d'ostéoporose, un programme supervisé avec un médecin du sport ou un physiothérapeute permet d'adapter les exercices en toute sécurité.
Quand consulter un médecin?
Si vous vous reconnaissez dans l'un des signaux listés plus haut, ou si vous avez des antécédents familiaux d'ostéoporose, n'attendez pas la première fracture pour consulter. Un médecin généraliste en ligne peut évaluer votre situation, interpréter vos résultats d'analyses et vous orienter vers un spécialiste ou un programme de prévention adapté.
La mission Artemis II nous rappelle une vérité souvent oubliée : prendre soin de ses os et de ses muscles, c'est une discipline quotidienne — que l'on soit astronaute à 406 000 km de la Terre ou travailleur à Montréal.
Avertissement médical : Cet article est à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez votre médecin pour tout diagnostic ou traitement.

Florence Leblanc