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Le prologue gratuit est disponible le jour même sur Steam et l'Epic Games Store, avec un accès anti","Le 5 juin 2026, Patrice Désilets a annoncé au Summer Game Fest que *1666 : Amsterdam* sortait enfin. Le prologue gratuit est disponible le jour même sur Steam et l'Epic Games Store, avec un accès anticipé prévu d'ici la fin d'année. C'est l'aboutissement d'une bataille juridique entamée en 2014, et un cas d'école en matière de [propriété intellectuelle](\u002Ffr\u002Factu\u002Fbref-saison-2-tf1-droits-propriété-intellectuelle-2026) dans le jeu vidéo. Pour les créateurs français — développeurs, scénaristes, dessinateurs — l'histoire de Désilets éclaire des choix contractuels qui les concernent directement.\n\n## L'historique : un jeu confisqué par son éditeur\n\nPatrice Désilets est le créateur historique de la franchise *Assassin's Creed* chez Ubisoft Montréal entre 2003 et 2010. Après son départ d'Ubisoft, il fonde un studio chez THQ et commence le développement de *1666 : Amsterdam*. En janvier 2013, THQ fait faillite. Ubisoft rachète son studio canadien — et avec lui, le projet *1666 : Amsterdam* — pour 2,5 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, Désilets est licencié et le projet annulé.\n\nS'ouvre alors une procédure de quatre ans devant les tribunaux québécois. Désilets revendique la propriété intellectuelle du jeu au titre de sa conception originale. En juillet 2016, Ubisoft accepte un règlement à l'amiable : les droits sur *1666 : Amsterdam* sont restitués à Désilets, qui les ramène dans son propre studio Panache Digital Games, selon les éléments publiés par VGC et confirmés par le communiqué de presse de l'époque.\n\n## Pourquoi cette restitution est inhabituelle\n\nDans la majorité des jeux vidéo, le studio est propriétaire de l'œuvre et le créateur reste salarié. 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Documenter sa contribution créative.** Pour faire valoir une revendication, Désilets a produit une masse de documents (storyboards, design documents, e-mails, captations vidéo) prouvant son rôle de concepteur originel. Sans cette documentation, la revendication aurait été plus fragile. Un créateur français a tout intérêt à conserver hors de l'environnement de l'employeur les éléments qui matérialisent son apport personnel à l'œuvre.\n\n**3. Distinguer salaire et propriété.** Beaucoup de contrats français de développeurs de jeu vidéo prévoient des bonus liés au succès commercial du titre. Ces bonus sont des rémunérations, pas des participations à la propriété intellectuelle. Un créateur qui veut conserver un intérêt long terme sur son œuvre doit négocier une cession **non exclusive**, ou une licence à durée limitée, plutôt qu'une cession totale.\n\n## Le contexte économique : Panache Digital Games, un mini-studio résilient\n\nPanache Digital, fondé par Désilets en 2014, compte une trentaine de collaborateurs au moment de la sortie du prologue. Le studio avait sorti *Ancestors : The Humankind Odyssey* en 2019, succès critique modéré (4 millions de joueurs en cumulé selon les chiffres communiqués par le studio). *1666 : Amsterdam* est le second projet majeur du studio et représente sept années de développement intermittent.\n\nLe modèle d'accès anticipé choisi pour la sortie 2026 permet à Panache de financer la fin du développement sans nouvel apport en capital. Le prix annoncé du prologue est gratuit, l'accès anticipé sera payant. 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