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En Suisse comme aux États-Unis, ce rôle est juridiquement bien plus complexe qu'il n'y paraît — et les professionnels qui l'acceptent sans protections contractuelles adéquates s'exposent à des risques réels.\n\n## Une nomination qui secoue Washington — et interpelle les communicants suisses\n\nKatie Zacharia, 42 ans, ancienne conseillère en communication pour Truth Social et la Trump Media & Technology Group, a été désignée pour succéder à Karoline Leavitt, qui avait quitté le poste de porte-parole de la Maison-Blanche fin août 2026 après la naissance de son deuxième enfant. Selon le New York Times, Zacharia avait également occupé brièvement un poste de porte-parole au Département de la sécurité intérieure avant de quitter cette fonction en mars 2026.\n\nSa nomination intervient dans un contexte chargé : l'administration Trump entre dans la dernière ligne droite avant les élections de mi-mandat, et la Maison-Blanche a besoin d'une voix cohérente pour gérer un flux d'information intense face à des médias en alerte permanente. Trump a déclaré s'attendre à ce qu'elle travaille efficacement avec la presse, le grand public et son administration — une formule volontairement vague qui dit beaucoup sur la tension permanente inhérente à ce rôle.\n\nCe que cette nomination illustre dépasse largement les frontières américaines : partout dans le monde, les communicants institutionnels — qu'ils travaillent pour un gouvernement fédéral, une administration cantonale ou une entreprise cotée — naviguent dans un cadre juridique souvent mal défini, avec des responsabilités qui dépassent leur fiche de poste formelle.\n\n## Le porte-parole institutionnel : un statut juridique sous-estimé\n\nEn Suisse, la communication gouvernementale est encadrée par plusieurs textes normatifs. La Loi fédérale sur le principe de la transparence dans l'administration (LTrans) oblige les autorités fédérales à rendre accessibles les informations officielles. Chaque département fédéral dispose d'une équipe de communication soumise au droit de la fonction publique, à l'obligation de confidentialité et aux règles déontologiques de la Confédération.\n\nMais le mouvement observé depuis plusieurs années dans le secteur public cantonal est celui d'une externalisation croissante de la communication : des communicants indépendants ou des agences sont mandatés pour gérer des campagnes spécifiques, des crises médiatiques ou des transitions. Ces professionnels se retrouvent dans une zone juridique sensible : ils ont accès à des informations confidentielles, ils parlent au nom d'une entité publique, mais leurs droits et leurs protections ne sont pas toujours clairement définis dans leur contrat.\n\nTrois questions cruciales se posent systématiquement dans ce contexte :\n\n**Le secret de fonction :** le communicant externe a accès à des informations sensibles. En cas de litige, de départ anticipé ou de mise à l'écart, quelles sont exactement ses obligations de non-divulgation — et pendant combien de temps ?\n\n**La responsabilité civile :** si une déclaration publique, faite de bonne foi sur la base d'un briefing interne, s'avère inexacte ou cause un préjudice à un tiers, qui est responsable — l'institution mandante ou le communicant lui-même ?\n\n**La protection contre les pressions :** un porte-parole peut-il légalement refuser de diffuser une information qu'il juge mensongère ou contraire à l'éthique, sans risquer la résiliation immédiate de son contrat ?\n\nCes questions ne sont pas théoriques. Ce sont des situations que des avocats spécialisés en droit du travail et en droit public en Suisse rencontrent régulièrement dans leur pratique.\n\n## Ce que dit la loi suisse — et ce qu'elle ne dit pas\n\nLa [LTrans (RS 152.3)](https:\u002F\u002Fwww.fedlex.admin.ch\u002Feli\u002Fcc\u002F2006\u002F290\u002Ffr), en vigueur depuis 2006, établit le droit d'accès aux documents officiels des autorités fédérales. Pour les porte-parole des entités publiques fédérales, cela signifie que leurs communications officielles peuvent faire l'objet de demandes d'accès public — y compris leurs échanges internes liés à des prises de position publiques.\n\nPour les porte-parole des entités cantonales, les règles varient : certains cantons disposent de leur propre loi sur la transparence (Genève, Vaud, Berne notamment), d'autres non. Cette hétérogénéité crée des situations où deux communicants exerçant des fonctions identiques dans deux cantons différents ne disposent pas des mêmes protections légales.\n\nPour les communicants du secteur privé travaillant pour des entités régulées — banques sous surveillance FINMA, sociétés cotées, assurances — des obligations supplémentaires s'appliquent en matière de communication financière. Une erreur dans un communiqué de presse peut entraîner des sanctions réglementaires, et la question de la responsabilité individuelle du communicant par rapport à celle de l'institution est loin d'être toujours tranchée dans les contrats.\n\n## Cas concret : une communicante mandatée par un département cantonal vaudois\n\nConsidérons la situation de Marie, 36 ans, communicante indépendante avec dix ans d'expérience en relations médias, mandatée en février 2026 par un département cantonal vaudois pour gérer la communication d'une réforme sensible dans le secteur de la santé publique. Son contrat de mandat prévoit six mois de mission à 8 500 CHF par mois, soit un total de 51 000 CHF.\n\nLe contrat ne comporte aucune clause sur la responsabilité en cas de contestation médiatique, aucune stipulation sur l'assistance juridique en cas de mise en cause, et aucune clause de protection de réputation post-mandat.\n\nEn avril 2026, une information transmise à Marie lors d'un briefing interne se révèle inexacte — les chiffres fournis par le département surestimaient de 23 % l'économie attendue de la réforme. Marie l'a relayée de bonne foi dans plusieurs communiqués et lors d'une conférence de presse couverte par la presse régionale. Deux associations professionnelles la citent nommément dans leurs communications de protestation.\n\n**Sans clause contractuelle de protection :**\n- Marie doit constituer elle-même sa défense juridique : environ 18 000 à 25 000 CHF pour un dossier de ce type\n- Elle ne peut pas exiger que le département publie un communiqué de clarification la dédouanant explicitement\n- Son contrat peut être résilié avec un préavis minimal, sans indemnité compensatrice pour le préjudice subi\n\n**Avec un contrat correctement rédigé :**\n- Une clause de garantie d'exactitude des informations fournies par le mandant la protège : le département assume la responsabilité des données qu'il lui communique\n- Une clause d'assistance juridique financée par le mandant prend en charge les frais de défense\n- Une clause de rectification publique oblige le département, en cas d'erreur avérée, à publier dans les 72 heures un correctif mentionnant explicitement que la communicante a agi sur la base des informations transmises\n\nLe delta financier et réputationnel entre ces deux scénarios dépasse largement ce que la négociation initiale du contrat aurait coûté — quelques heures avec un avocat spécialisé, soit entre 800 et 1 500 CHF.\n\n## Les leçons de la nomination Zacharia pour les professionnels suisses\n\nLa trajectoire de Katie Zacharia illustre un autre risque souvent négligé : la rapidité des nominations dans les institutions — publiques comme privées — laisse rarement le temps d'une négociation contractuelle soignée. Selon les informations publiées par Newsweek, elle devait prendre ses fonctions le vendredi suivant l'annonce de sa nomination, soit en l'espace de quelques jours.\n\nEn Suisse, des situations analogues surviennent lors de crises institutionnelles ou de réorganisations rapides. Un communicant sollicité en urgence accepte souvent un contrat-type sans en mesurer les lacunes — puis se retrouve exposé si la situation tourne mal.\n\nPour les porte-parole indépendants, les règles sont claires : avant toute signature, trois points méritent une vérification juridique systématique :\n\n1. La clause de responsabilité pour les informations transmises par le mandant\n2. La clause d'assistance juridique en cas de mise en cause publique\n3. 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En Suisse, où la culture du contrat soigneusement négocié est forte, il n'y a aucune raison que les communicants institutionnels fassent exception.\n\n*Note : Cet article présente des informations générales à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. 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